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MISSION RECONVERSION

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Ce site est le résultat d’une initiative privée d’anciens militaires reconvertis ou en instance de reconversion apportant un éclairage éprouvé en situation réelle de recherche d’emploi.

La somme des expériences de ces hommes et femmes ayant, un temps de leur vie, servi les armes de leur pays se retrouve dans les articles et dossiers de ce site.

Totalement indépendant des organisations institutionnelles, missionreconversion.fr ne revendique aucune appartenance politique ou syndicale et ses contributeurs, issus de toutes les strates de la société militaire, peuvent transmettre dossiers, articles, expériences et points de vue.

Les pages de ce site sont également ouvertes à tous les organismes visant à faciliter la reconversion d’anciens militaires.

Missionreconversion.fr est ouvert à toutes les idées et initiatives visant à rendre la reconversion la plus réussie possible, du maître chien à l’ingénieur, du fantassin au chef d’EM, dans un esprit de coopération et de recherche d’efficacité maximum.

Missionreconversion.fr est un opérateur du secteur parmi d’autres. Il propose une grande souplesse d’utilisation. Il est ouvert à tous ceux qui souhaitent apporter leur concours - tant de façon occasionnelle que récurrente.

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Murielle B évoque sa reconversion. Son histoire...

Murielle B évoque sa reconversion. Son histoire...

Je m’appelle Murielle B, j’ai 43 ans, et je suis militaire à la retraite depuis 4 ans et demi suite à une reconversion et je poursuis parallèlement une nouvelle carrière. Je souhaite aujourd’hui témoigner de mon expérience de reconversion auprès de militaires qui sont dans le même cas ou qui pensent à cette solution. Pour se faire, j’ai naturellement pris contact avec Mission Reconversion via son site internet.

En ce jour, je fais un pas de plus et je prends la plume ou plus exactement je prends le clavier de l’ordinateur afin de vous raconter mon vécu « reconversion ».

J’ai intégré l’armée de terre en novembre 1990 en rejoignant l’École des Sous-officiers d’Active de l’Armée de Terre de St-Maixent-l’Ecole.

En septembre 1991, je prends mon premier poste au Ministère de la Défense, à la Sous-Direction des Bureaux Du Cabinet du Ministre de la Défense (SDBC) à Paris au 231 boulevard St Germain en tant que sergent et spécialiste informatique (programmeur). 17 ans plus tard, en octobre 2008, je suis nommée adjudant-chef alors que je sers au Centre Franco-Allemand des Personnels Technico-Logistiques de l’hélicoptère TIGRE (CFA PTL Tigre) à Faβberg en Allemagne. Ce jour-là, réalisant que je suis adjudant-chef et que je viens d’avoir 37 ans, je me pose la question suivante : « et quoi après ? ». Trois mots et une question qui vont me pousser à faire le tour des possibilités qui s’offrent à moi à ce stade de ma carrière.

Je commence donc mon tour de table. Je peux rester adjudant-chef jusqu’à mon départ en retraite officielle soit plus d’années (bien plus !) que les 17 ans que je viens de réaliser jusqu’à présent. Je peux aussi passer le concours de major et intégrer ce corps. Je me renseigne. Le concours est en refonte et rien n’est sûr quant à la suite. Je peux aussi faire une demande pour passer officier sur dossier. Je me renseigne. La réglementation vient de changer et là où j’aurais pu faire ma demande à 37 ans, donc de suite, je dois attendre l’âge de 40 ans. Je n’ai pas envie d’attendre 3 ans. Je n’ai pas non plus envie d’attendre que les nouvelles règles du concours de major soient fixées. Je n’ai pas non plus envie de rester adjudant-chef jusqu’à la retraite officielle. Même si je veux travailler en ambassade et qu’avec ce nouveau grade d’adjudant-chef et mon poste en Allemagne, je me dis que cela devient envisageable pour moi. Que faire alors ? L’avantage de faire le tour des possibilités et de n’être pas satisfaite est que je poursuis mes recherches. Et pourquoi pas une reconversion ? Pourquoi pas les emplois réservés ? Je me renseigne et je tombe rapidement sur la loi 4139-2, la fameuse loi dont j’avais entendue parler à plusieurs reprises lors de ma carrière et qui ne m’avait pas interpellée, tant j’étais « dedans », bien à ma place au sein de l’armée et ne me sentais pas concernée.

Je ne le sais pas à l’époque mais le fait de faire ce tour des possibilités qui s’offrent à moi, va ouvrir mon esprit à ce que je ne concevais pas jusque-là. Une reconversion. Je me renseigne à nouveau et je me rends compte que je suis pile poil dans les clous pour une 4139-2. Par contre, je n’ai qu’un week-end pour me décider ! En effet, nous sommes le jeudi quand je comprends que la 4139-2 est la meilleure opportunité pour moi et, normalement, le dossier de candidature au complet doit être à la Direction des Ressources Humaines de l’Armée de Terre (DRHAT) à Paris le lundi suivant. Contre toutes attentes, je décide ce week-end-là de m’offrir une nouvelle carrière, laquelle je ne sais pas, en mettant un terme à ma carrière militaire. Je me sens au summum de ma carrière dans ce poste de chef du service informatique binational du CFA PTL Tigre. Je me dis que je vais partir sur une très belle note.

La décision prise, il me reste à régler le souci que mon dossier ne sera pas sur le bureau de la DRHAT le lundi matin. Je décide donc de guetter l’arrivée de mon chef de corps afin de lui exposer ma décision. Un coup de fil plus tard, je dispose du délai nécessaire pour envoyer mon dossier de candidature. Coup parti !

Je ne sais pas où je vais mais coup parti. Tout ce que je sais c’est ce que m’ont dit plusieurs de mes collègues : « Les militaires sont très appréciés dans le monde professionnel, y compris dans le privé. Tout va bien se passer ». Moi, je me sens comme au bord d’un gouffre et je dois faire un pas dans le vide. Je ne sais pas s’il y a un plancher de verre pour m’éviter la chute mais je l’espère très fort.

Aujourd’hui, 5 ans et demi après ma décision, je peux témoigner qu’il y a effectivement eu un plancher de verre au-dessus du vide que représentait ma reconversion. Bien qu’inattendue elle s’est bien passée.

Pour ma part, j’ai décidé de basculer dans la Fonction Publique Territoriale en recherchant par moi-même un poste à l’aide d’un curriculum vitae et d’une lettre de motivation. Une grande première, je n’avais jamais fait cela auparavant. J’aurais pu tout autant postuler dans le privé. En tant que spécialiste informatique, les possibilités sont réelles. J’aurais pu aussi me mette à mon compte et créer mon autoentreprise. Personnellement, je n’étais pas prête pour cela. Un an après ma mise à la retraite officielle et mon intégration dans la Fonction Publique Territoriale, je commence à ressentir les effets de ma reconversion et de ma remise en question professionnelle. Pour la première fois, j’ai du recul sur ma carrière militaire et je commence, tout à la fois, à ressentir le besoin de prendre du recul par rapport à ma spécialité informatique. Le recul sur ma carrière militaire me fait comprendre que mon niveau professionnel atteint à l’armée est supérieur à celui que j’ai sur le papier (bac+2). Le besoin de recul, quant à lui, me fait ressentir que j’ai fait le tour de ma spécialité informatique (j’ai exercé les responsabilités de programmeur, analyste-programmeur, administrateur de réseaux informatiques, chef du Bureau Management du Système d’Information et chef de service informatique biculturel).

Ces premiers effets, que je qualifie de bénéfiques même s’ils ne sont pas agréables à vivre, vont m’ouvrir des portes dont je ne soupçonne même pas l’existence.

J’ai toujours fait confiance à mon intuition et je prête donc attention en ce début d’année 2011 à mon besoin de prendre du recul. Besoin qui ressemble clairement à la pensée suivante « Prends du recul Murielle ! ». J’associe rapidement « prendre du recul » avec l’outre-mer. Je me tourne alors vers la Bourse Interministérielle de l’Emploi Publique (BIEP), m’inscris sur son site et crée une requête qui m’envoie toutes les nouvelles offres d’emploi en outre-mer. Je prends une autre décision aussi. Tout en assurant le coup dans ma spécialité informatique, je décide de postuler hors informatique. Je me souviens de cette période de recherche d’emploi outre-mer, pas gagnée d’avance, où je cumulais les retours négatifs. Une bonne dizaine et tous dans ma spécialité, y compris un retentissant « Nous pratiquons la préférence locale » émanant de la Nouvelle-Calédonie. Ces échecs à répétition m’ont amenée à me poser la question suivante : pourquoi ne pas postuler hors informatique ?

J’ai donc élargi ma recherche d’emploi à la catégorie B dans son ensemble et la réponse positive tant attendue ne tardera pas à arriver. Cela sera la Guyane, que je ne connais pas, l’Amérique du sud, que je ne connais pas et le foncier agricole guyanais. Je ne connais pas le foncier agricole métropolitain et encore moins le foncier agricole guyanais qui est unique. Je crois que le fait d’avoir fait le pas, deux ans plus tôt, de la reconversion, m’a donné des ailes et du courage pour aller vers l’inconnu et ce avec sérénité.

C’est là en Guyane que ma reconversion va prendre tout son sens. Comme un second effet « Kiss Cool » à l’échelle de ma vie. Je vous apporterai un témoignage sur cette seconde partie de ma reconversion prochainement.

M.B

Suite du témoignage ...

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